
Toby Urff
Chief Language Geek @ Reelang
Toby est l’un des cofondateurs de Reelang, il parle 5 langues et sait que l’apprentissage d’une langue est un marathon, pas un sprint. Pour tenir le rythme, il faut trouver des façons de pratiquer un peu chaque jour : assez amusantes pour ne pas lâcher, et assez efficaces pour arriver à parler en quelques mois.
Articles de Toby Urff
Faire des vidéos d’input compréhensible en moins de 15 minutes
L’input compréhensible ne s’improvise pas : il se fabrique. Voici les règles que je suis comme ThatGermanWord (partir du sens, pousser d’un cran, maîtriser les mots inconnus, les répéter dans une vidéo et d’une vidéo à l’autre), le workflow en 15 minutes que j’utilise dans Reelang Studio pour écrire, enregistrer, illustrer et publier, et pourquoi poster la même vidéo partout amène de nouveaux élèves aux profs de langue, sans un centime de pub.
À quelle vitesse parlent les natifs ? Le débit dans 44 langues
Dans les vidéos de natifs, le tamoul, le japonais, le turc, le portugais, l’italien et l’espagnol tournent autour de 6 syllabes par seconde, l’anglais et l’allemand autour de 4,7. Mesuré sur 16 293 clips en 44 langues, avec le débit par niveau CECR, par dialecte, et face à l’étude de labo classique.
Combien de mots faut-il pour comprendre des vidéos natives ?
Avec les 5 000 mots anglais les plus fréquents, un clip natif typique contient 95,6 % de mots que tu connais. L’espagnol demande environ 6 800 mots pour atteindre 95 %, et dans 13 langues sur 23, même 10 000 ne suffisent pas. Données tirées de 35 615 clips natifs, par langue et par niveau.
Au-delà des flashcards : comment progresser quand on est locuteur d’héritage
Les locuteurs d’héritage n’ont pas besoin de plus de listes de vocabulaire. Il leur faut plus d’exposition à la langue qu’ils connaissent déjà à moitié, à un niveau qui les pousse sans les bloquer. Les applis de flashcards sont faites pour partir de zéro, et un locuteur d’héritage ne part presque jamais de zéro. Il part d’un point bancal, et la solution est différente.
Pourquoi l’input compréhensible marche si bien en mandarin
L’input compréhensible marche en mandarin parce que les plus gros obstacles de cette langue (les tons, l’écriture en caractères et l’écart entre l’oral et l’écrit) s’apprennent d’abord par l’oreille, pas par les règles. Les exercices de grammaire et les cartes mémoire t’apprennent à reconnaître le mandarin isolé ; l’input compréhensible t’apprend à le reconnaître tel que les natifs le produisent vraiment.
Apprendre une langue avant de partir vivre à l’étranger : l’input compréhensible plutôt que les applis
Si tu déménages à l’étranger dans quelques mois, le meilleur usage du temps qu’il te reste, c’est d’écouter de vraies voix natives à un niveau que tu suis à peu près, pas de réviser encore du vocabulaire. Les applis t’entraînent à reconnaître des mots sur un écran, sans pression de temps. La parole réelle, à vitesse réelle, avec l’accent du lieu où tu vas vivre, c’est une tout autre compétence, et c’est elle qu’on teste dès l’atterrissage.